A l'ombre des paluviers la peau de mes mollets se couvre de dessins,
ombres biscornues qui agissent en moi comme une berceuse...l'air a une
odeur de frangipane les rais du soleil plongent des éclats d'or dans mes
rêves...je coule le long du tronc soyeux et ferme...
Les paluviers ce que j'aimerai voir un de ces arbres car je saurais
que je ne suis plus dans un bureau au design acier terni...mes doigts ne
chercheraient pas les touches pour tromper mon cafardeux état
lymphatique, et je saurais que je suis avec toi...au lieu d'être cette amphore à
merde (le service publique engage des agents afin que tu puisses lui
refourguer comme au prêtre ou au psy toute la merde qui te colle au corps
et repartir léger dans le chaos de ta vie).

Ce matin le ciel m'a, une fois de plus ouvert les bras, étourée de ses
couleurs symphoniques...heureusement que la nature m'aime et me
protège...ce matin j'étais pelotonnée dans mon grand caban vert, recroquevillée
comme une petite chatte sur le siège vert cradingue de transpole...des
néons hôpital donnaient aux gens des reflets de fantôme de la nuit qui
rentreraient se coucher pour réapparaître demain...Car ce n'est pas
possible ces gueules cireuses ne peuvent pas être en vie, être des humains
ou alors que faire ?

Ce sont des hommes d'argiles à allure giaccomettienne qui filent,
tamponnent, glissent comme du sable sur une table chinoise, leurs couleurs
se sont évaporées (ailes de papillons : ils ont été trop frottés et les
couleurs poudres merveilleuses ont disparu alors ils doivent se
colorier comme dans un film de hollywood 1950)  
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