Je fais des herbiers à odeurs. Je me ballade, prends en catimini de petites feuilles que je cache dans mon tablier puis à l’aide d’un caillou à paillettes je frotte les feuilles récoltées, une à une, sur des buvards roses. J’hume les odeurs afin de m’évader de la puanteur de la ville.

Je danse, virevolte dans ma chambre brandissant mon trésor aux ombres de mes meubles et je m’endors serrant mon petit cahier contre mes joues rougies par la chaleur de l’évocation des images que me procurent le vol que j’ai ainsi perpétré incognito.

Je joue du piano sur les pâquerettes, les raies du soleil raisonnent comme les cordes du Stradivarius sur mes jambes reconnaissantes.

J’offre ma poitrine remplie aux dieux telluriques, je me rêve renégate, guerrière, prêtresse inca, vestale.

Mes pupilles se dilatent à la vue de Méphistos que je prends pour un cumulo-nimbus se moquant de ma bouche si peu charnue.

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