Mes pas se font légers, l’étau qui opprime ma poitrine se desserre au fur et à mesure que les longues herbes de soie verte frôlent mes mollets brunis et nus. Enfin quelques instants de répit. Ma tête se vide de tout ce capharnaüm. Je sens les caresses de ma robe de crêpe si légère. J’avance, la musique me parvient comme une douce ondée rafraîchissant une journée trop chaude. Des arbres, deux accordéons, des gens dansent, les femmes ondulent, les corps se sourient. Je regarde, mes lèvres se décrispent, un réconfort soudain jaillit.

Je suis vivante.

Une main se pose sur mon épaule, mes amis sont là. On s’assied en cercle. Adossée au chêne, je suis dans les bras d’un héros.

Mon épopée continue.

Je porte le verre de la jouissance à ma bouche éclose. Un suave mélange exotique coule dans ma gorge.

Je suis libre.

J’écoute toutes ces voix qui se font écho. La vie jaillit de mes épaules lumineuses. Je lisse ma robe du plat de la main. Je prends une marguerite.

Je respire.

Je me lève et tourbillonne dans le crépuscule d’une soirée parfumée.

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