Mes ongles sont noirs, ça cogne dans ma tête , tout est brouillé. Mon objectivité s’est enfuie avec mes tripes.
Je déteste quand ça gueule comme ça, une boule d’énergie me brûle le ventre ; je la force à rester en moi car je pourrais tout détruire en un claquement de dents si je la laissais s’exprimer, elle obsède mon corps meurtri.
Je n'écris pas je m'acharne sur mon clavier, je n'ai rien à dire, mais je frappe les touches pour faire sortir ma rage, pour vous aiguiller cela donnerait un brouhaha infâme si ces lettres étaient des touches de piano.
Je ne suis pas perdue, dépressive ou torturée, ni aigrie mais des l'écume blanche sort de ma bouche de Geisha, une épileptique je vous dis.
Je crie non pas mon désespoir mais mon besoin de vivre, de liberté.
Cette nuit j'ai paniqué comme si mon vieux rafiot cédait, je ne parvenais pas à faire taire ces tremblements qui agitaient mes muscles et révulsaient mes yeux, je n'osais pas réveiller le corps amant gisant à mes côtés, je ne voulais pas effacer par ma peur le sourire béat qui flottait sur ses lèvres...alors je regarde le plafond, les ombres grandissant sur des murs trop blancs, je me lève dix à quinze fois pour désengourdir mes membres.
Mes rêves multiples caracolent, signifié et signifiant, tous n'ont aucun sens, ils sont multicolores, gais mais me laisse comme un goût acre et un malaise tangible.