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Monde bullique

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Samedi 2 octobre
Quelle éreintante journée !Matin 8h00 Le dvd Arizona Dream tourne en boucle sur la page de présentation, je vois les sons (rêveries voitures perchées maisons roses).
9h00 Arrivée d’Arthur qui me reluque les seins :
-         «  Tu pourrais remonter les draps ; ça me gène ! »
-         «  Et bien ne regarde pas. »
Si tu savais que ton regard n’éveille rien en moi. Mes rêves sont emplis d’un autre et je les lui offre chaque nuit.
-         « Je me sens mal à l’aise vis à vis de ma nouvelle nana (sic) » (Qu’est-ce que cela peut bien me faire, je ne suis même plus flattée par ses compliments) « Tu ne comprends-pas ? » (Si, je n’ai pas envie de relever le débat )
 J’attends ce soir en idéalisant les possibles entre mon perturbant faux ami et moi. En espérant qu’il n’annule pas à la dernière minute, qu’il ne souillera pas mon imaginaire de paroles trop gentilles.
Que m’a t’il dit déjà ?… « Si tu veux une explication et rien que ça, rendez-vous à 14h30 au café à côté du Seven ».
Etrange coïncidence, c’est justement là qu’Olivier, mon ami m’a emmené confondre ma tristesse à 14h00.
Je rappelle Nicodème (peur au ventre, égaux à zéro, sentiment de trahison mêlé à la certitude de ne pas lui en vouloir car ne lui dites pas mais je l’aime). C’est ok. Des paillettes volettent sur ma table ! Je suis suivie par une armada de bulles irrisées.
Je n’aspire qu’à une seule chose, que ce soir il m’avoue m’aimer comme aucune autre. Pure rêve me direz-vous ? Mais je sens en moi battre son âme lorsque ses yeux déposent sur moi des regards inquisiteurs.
« Tout me plait en toi mais je fais un blocage psychologique. »
Que pensez de cette phrase ? 
Les lapins fument des carottes
On prétend que si on fume trop vite cela fait une carotte
En deviens-je pour autant un lapin ?
 
Pourtant il ne part pas…me regarde…m’ausculte ou s’ausculte t’il. Me tient des discours ambigus…Je sais que je dois le laisser venir à moi, me désirer, savoir disparaître pour qu’il sache, puisse avoir l’impression de me chasser.
 
Nous sommes deux guerriers à l’assaut de bonheur et d’absolu, amoureux de la passion, du vrai émanent des gens. Je pense qu’il le sait. Tente-il de se laisser séduire, me laisse t’il affolée, brûler de désir pour lui afin de capturer mon âme. De me posséder toute entière.
Sois forte, refuse gentiment ses avances…Laisse le s’enflammer s’arder de volupté jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus et se livre à moi, rende les armes.
 
Scénario le plus pessimiste :22h00 On boit un verre, il me martèle le crâne de cette fille qui n’est pas moi.
Mon sourire fatigué est ravivé par Pierrot :
-         « Vous écrivez un livre ? »
-         « Non mon journal. »
-         « Ah ! alors vous écrivez tout ce qui vous arrive dans la journée, je vais certainement être là dedans alors ? »
-         « peut-être. » Je photographie mon réel.
-         « Vous allez écrire, j’étais en train d’écrire quand quelqu’un m’a interrompu » dit le sourire ouvrier à la jeune femme triste. « Alors je m’appelle Pierrot. Je vous dis cela car si je suis couché sur votre page je préfère que vous sachiez mon nom ».
Il repart vers le bar. J’ignore son regard. Il revient à la charge.
-         « Vraiment, je suis enchanté de faire votre connaissance. Et vous ? Je ne sais pas même votre Prénom ! »
-         « Lucy »
-         Bis répétito « Je suis enchanté, Lucy, de vous rencontrer ! »
Il s’assied, après avoir demandé la permission de s’installer dans un lieu que je ne possède pas et où je suis plus étrangère que lui.
-         «  Je ne vous ai jamais vu ici ? »
Je lui raconte en large ma si banale histoire. Il me parle de combats, ses femmes, ses enfants, ses amours flétris un sourire lubrique aux lèvres.
Je cherche pourquoi je l’ai attiré, à première vue nous n’avons pas grand chose en commun. Je finis par croire que de moi émane l’impression que je ne puisse faire souffrir. Etrangement, les gens m’accordent d’emblée leur confiance sans même me connaître.
Il me dit de me méfier :
-         « Ici il y a le haut et le bas du panier mais difficile de discerner car tous se mélangent. »
Alors ? Toi tu te livres bien à moi : peut-être ne se méfie t-on pas des femmes aux robes fleuries et à la peau fraîche.
Je ne parviens plus à jauger, juger les intentions avouables ou non de ceux qui s’attirent sur la faible lueur que je dégage.
Pensent-ils que la vie n’a pas prise sur moi ?
Je pense arrêter là pour ce soir mais voyez-vous je suis chez lui (Nicodème). Son regard virevolte vers moi. Je sais que j’aurais un mal fou à trouver la force de lutter…Je sais que les fils sont électrifiés pourtant ils m’attirent, je me sens plus dangereuse, plus survoltée qu’eux.
Vais-je survivre ? Vais-je mourir ?
Il faut résister. Il est si tentant.
 
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