mondebullique

Mes pas se font légers, l’étau qui opprime ma poitrine se desserre au fur et à mesure que les longues herbes de soie verte frôlent mes mollets brunis et nus. Enfin quelques instants de répit. Ma tête se vide de tout ce capharnaüm. Je sens les caresses de ma robe de crêpe si légère. J’avance, la musique me parvient comme une douce ondée rafraîchissant une journée trop chaude. Des arbres, deux accordéons, des gens dansent, les femmes ondulent, les corps se sourient. Je regarde, mes lèvres se décrispent, un réconfort soudain jaillit.

Je suis vivante.

Une main se pose sur mon épaule, mes amis sont là. On s’assied en cercle. Adossée au chêne, je suis dans les bras d’un héros.

Mon épopée continue.

Je porte le verre de la jouissance à ma bouche éclose. Un suave mélange exotique coule dans ma gorge.

Je suis libre.

J’écoute toutes ces voix qui se font écho. La vie jaillit de mes épaules lumineuses. Je lisse ma robe du plat de la main. Je prends une marguerite.

Je respire.

Je me lève et tourbillonne dans le crépuscule d’une soirée parfumée.

Sur la porte de l’ascenseur une fille sourit, j’ai froid. Je regarde dans le chrome de la technologie mon pale regard. Ou est la flamme qui brillait, jadis, dans mes yeux rêveurs d’enfants ?

Je suis désastrée par ce que je tâte de la réalité, ou sont les cités helléniques ?

Ou es-tu homme, ou as tu planqué ton visage. Je refuse les vaines espérances, je refuse la tristesse que je lis dans les paroles de détresse que psalmodie l’affichiste.

Un de mes professeurs du collège m’avait dit :

« Vous êtes la génération sacrifiée »

Ils le savaient et ils n’ont pas levé un cil pour changer cela.

Refuser la résignation.

En l’an 2000 ils ont envoyé un satellite dans l’espace dans lequel ils ont déposé un cédérom avec des messages d’hommes à l’aube du vingt et unième siècle afin que nos descendants sachent ce que nous avions été.

Si on recommençait l’expérience aujourd’hui ?

J’ai compris que la lutte était ailleurs, une sorte de révolution intellectuelle permanente.
Homme de demain, je ne vous laisse pas tomber, je colorierai la vie de joie jusqu’à mon dernier souffle pour toi mon ami du futur.


Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés