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Monde bullique

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Je regarde ses mains pianoter les touches du clavier, je n’ai rien à dire, je ne suis pas vide. Oh ! non , je suis même pleine de sentiments contradictoires. Le tri, la sélection neuronale ne se fait pas bien, c’est tout.
J’ai envie de sortir, rire, profiter avec lui de cette journée.
Partir en camping, faire l’amour sous la tente, courir en riant sous une pluie battante.
Mon destin, loin d’être tracé, me semble tellement incertain que cela me paralyse.

Les fenêtres de ma chambre claquent, je me lève, terrassée par les zébrures blanches martelant le ciel.

La pluie tombe en trombe sur le balcon.

Puis je cours frapper à la porte de Monsieur Volumino.

Il porte une robe de chambre en cachemire pourpre et simule la fumée d’un cigare cubain :

-         « Vous en voulez un ? Regardez mon coffre en est plein ! »

Je souris, sa présence me rassure

-         « Puis-je entrer ? Voyez-vous j’ai une sainte horreur des soirées d’orage »

Il a l’air surpris et me toise avec circonspection :

-         « C’est à dire que, ma jolie, je suis en pleine création  mais revenez dans quelques minutes ; »

Il me claque la porte au nez sans avoir attendu de réponse de ma part, il me semble avoir remarqué des piranhas accrochés à ses oreilles (drôle de type).

Hier j’ai rencontré un écrivain, il avait tant de mots mirifiques dans sa besace…Il est étrange. Il est féru de cocottologie, porte un manteau en peau de léopard, il pose sur moi un regard surnaturel.
Ce personnage grandiloquent a laissé sur mes sens une impression nouvelle, nous avons discuté ou plutôt, devrais-je dire que j’ai bu sa verve tantôt comique tantôt empreinte de vérité. Ses histoires sont abracadabrantes mais je veux y croire.
Je suis recroquevillée dans un coin de la cuisine, j’ai si peur, je rogne un petit chiffon. Je tiens mes genoux cagneux entre mes bras. Mes sens ne répondent plus. Serais-je un jour une femme ?
Eclats de rires, badinages, papotages jusqu’à des heures indues sous les lampions de la fête : je vous aime tant.
Dans le petit salon, c’est l’heure du thé, le temps s’arrête.

Dans toutes les villes il y a des jeunes autour des épaves de bagnoles. Ils ont les mains pleines de cambouis, sont sans cesse en train de rafistoler cette vieille carcasse afin de partir, exporter leur ennui au soleil.
Ils rêvent, une bouteille de sky à la main de se trouver une bombe latino avec laquelle ils frimeront sur le générique de fin d’un film américain.
Quand auront-ils terminé de réparer ce tas de ferraille ? montre-moi que c’est vrai, que ta coupe affro n’est pas un leurre.

Dans un écrin en bronze, tapissé de soie je cache avec délice le livre jaune. Je palpe les inscriptions gravée sur sa couverture en vieux cuir usé. Je l’ai déniché à la fin d’une brocante, il gisait, abandonné par un novice sous un arbre. Il avait plu. Je l’ai porté dans mes bras comme s’il s’était agit d’un oisillon tombé de son nid après une bourrasque. Je l’ai soigné ; j’ai séché chaque page d’un souffle empli d’espoir.

Les lettres se sont quelque peu effacées, cela n’est rien j’en réinventerai l’histoire.

Assise sur les tabourets des bars de Lille, je plonge dans les méandres des quidams... Le réel et l'imaginaire s'entremèlent laissant apparaître la faille du sentiment humain. Chaque être même celui qui semble le plus vide a une histoire à raconter et la capacité de vibrer encore et encore...

Je veux savoir...Est-ce que tu vibres quand d'une plume on te caresse le ventre ?

Vous arrive t-il, parfois, de chialer le soir, fourrant vos larmes sous votre oreiller ?

As-tu envie de crier, danses-tu, penses-tu à moi après que mon regard ait croisé ta main ?

Quelle impression aurais-tu si je te frôlais du bout des doigts ?

Oserais-je ?

Je rentre dans ce café à la baie vitrée comme si j'allais à mon cinéma intérieur. Et je te suis...

 
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