Lundi 24 juillet 2006 1 24 /07 /2006 19:04
Par LA DAME AUX BULLES - Publié dans : mondebullique
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Lundi 24 juillet 2006 1 24 /07 /2006 19:00

Tout est devenu clair ce jour là, j’avais le pouvoir de commander aux fées. Je devais être très prudente dorénavant dans la formulation de mes demandes à mes amies ailées.

Un frisson glacé me parcourut l’échine en même temps qu’un grand soulagement de me savoir ainsi protégée.

C’est décidé, j’allais moi-aussi devenir une fée mais je ne ferais plus de mal.

Ainsi ma vocation était née et mon sadisme enfantin tué dans l’œuf.

 

 

Pour mes six printemps je reçus mon plus beau présent, un magnifique livre en cuir marron, parcouru de dorures klimtiennes qui renfermait les contes et légendes de tous les pays du monde.

Ce fut ce coffre à trésors, cet herbier à baiser que je chérirai et qui ne me quittera plus.

Ce merveilleux étalage narrant les trépidations d’êtres hors du quotidien conditionne dès lors mes actes.

Je me pris d’une passion furieuse pour la littérature, on m’inscrit à la bibliothèque, heureux, qu’une petite fille s’intéressa, dans cette famille émigrée, aux belles lettres (Ernesto, mon arrière grand-père vivait en Toscane, à Carrara en contrebas des carrières du plus beau marbre du monde, il était sculpteur pendant la seconde guerre mondiale et son œuvre consistait à irriter Mussolini en créant de la révolution et il s’acharnait si bien à sa propagande anti-fasciste qu’on lui fit couper tous les doigts sur le forum urbain, bien plus les chemises noires détruisirent trente années de création : dans ces conditions vous comprenez bien que l’Italie devenait pour cet artiste un calvaire et qu’il refusa que ses enfant ne grandissent dans un pays ou régnait une telle ambiance. Aux empaffés qui lui disaient que Mussolini avait fait de grandes choses pour l’Italie, il répondait le cœur bouillant et les yeux exorbités que c’est comme si dans une maison sans électricité, on appelait le réparateur, celui-ci pillait la maison , violait votre femme, tuait vos enfants mais on se réjouissait car il avait réparé le réseau électrique. Il renia jusqu’à sa langue, il ne parlait plus qu’en Anglais ou devrais-je préciser en Américain et envoya ses cinq enfants étudier et travailler à l’étranger. Mon grand-père paternel, armé d’un diplôme de tailleur de pierres se décida pour la France, il faut dire qu’il y avait rencontré lors d’un voyage de jeunesse à la Napoule une bien jolie princesse française brune aux yeux gris. Ils s’installèrent dans le Nord de la France. Ironie du sort : ses capacités firent de lui un sculpteur de charbon, enfermé sous terre il respirait le grisou…La suite est banale, c’est l’histoire d’une main d’œuvre minière et d ‘une famille assez pauvre qui élève ses rejetons dans l’amour du gain : la réussite c’est l’argent).

Ceci me ravit, je n’avais que faire de la compagnie des autres congénères de mon âge avec lesquels je ne parvenais pas à communiquer, je ne comprenais pas alors l’importance de tisser des relations sociales, je préférais mille et une fois m’échapper dans des mondes sublimés aux vents mauves et adorais la compagnie des adultes qui possédaient des histoires plein leurs tiroirs...

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Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /2006 18:39
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Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /2006 18:37

Une fois la classe rentrée, j’appris par un compagnon d’infortune le nom du collabo qui m’avait dénoncée. Il s’agissait de Jean, un crétin qui suivait la maîtresse partout, lui offrait des dessins, des présents (si l’un de nous ramenait un bouquet de jonquilles de son jardin lui apportait une rose magnifique emballée avec l’étiquette dorée du fleuriste portant un message « à la plus belle madame de la terre »). En plus il achetait l’amitié de quelques uns avec des billes chinoises ou même des gallots stellaires.

 

Je priais les fées dansant leur farandole aérienne sur l’affiche du mur de punir ce sacripant qui avait fait de moi une exilée de la séance de lecture de la fin d’un conte merveilleux : à cause de lui, je ne saurais jamais si la grand-mère du chaperon rouge était vraiment dans le ventre du loup. Qui plus est, par sa faute, j’avais l’oreille endolorie et étais certaine d’aller à l’hôpital car mon cœur battait dans le lobe tiraillé par les doigts experts de Madame la tortionnaire.

A ce moment même, on frappa à la porte. Le directeur entra, tous les yeux se dirigèrent vers le seul homme de l’école (ce qui lui conférait un pouvoir suprême). Il discuta quelques instants avec Madame, après quoi il sortit.

La maîtresse s’adressa alors à toute la classe et à Jean en particulier :

«  Je dois vous abandonner quelques secondes, soyez sages ! Jean tu surveilleras tes camarades. Si quelqu’un fait l’imbécile je lui coupe les oreilles. »

Instinctivement la moitié des élèves horrifiés mirent les mains sur leurs écoutilles sauf Jean qui le menton levé toisait les autres avec dédain et fierté.

Le calme régnait dans l’école, ce silence dura une minute et ce fut un silence de western qui précède toujours un mauvais coup du sort.

Soudain un cri strident retentit, celui-ci parut tellement tragique que toutes les maîtresses, tous les adultes de l’école accoururent. Quel spectacle ignoble !

Du sang avait giclé sur les peintures, les murs, les cahiers…

Jean satisfait tenait de petits ciseaux à bouts ronds d’une main triomphante, de son autre poing fermé des gouttes vermillons suintaient.

Un autre garçon, roulé en boule, prenait sa tête entre les mains et hurlait, se tordant de douleur.

Tous les autres, moi y compris, étions bouche bée (on aurait dit un film mis sur pause).

Notre maîtresse était consternée. Le directeur s’approcha doucement de Jean qui ne comprenait pas pourquoi tous ces gens le regardait comme si il était coupable.

Monsieur Pepperpot se racla la gorge et demanda :

« Jean qu’as-tu fait là ! »

Et Jean de répondre ahuri :

«  Ben, madame elle a dit que si pendant son absence quelqu’un faisait une bêtise, elle lui coupait les oreilles. Je devais surveiller la classe. Mathieu il ne faisait que de bavarder, alors j’ai pris les ciseaux dans le tiroir du bureau de Madame et je lui ai coupé les oreilles en pointes ».

Il s’étranglait de larmes, on lui fit lâcher les bouts de chair qu’il serrait fermement dans son poing, des sirènes hurlèrent, on ne revit plus ni Jean ni Mathieu, ni ma tortionnaire.

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Vendredi 21 juillet 2006 5 21 /07 /2006 13:01

J’ai trois ans, c’est le tout premier souvenir de vie qui m’appartient réellement. Les autres j’ignore si ce sont des éléments qui m’ont été racontés avec emphase par mes proches où de ceux que l’on fantasme ou bien si cela s’est vraiment déroulé.

En tous les cas pour celui-ci, j’ai l’intime conviction de sa réalité.

C’était presque l’été, nous jouions dans le bac à sable.

Un petit garçon livrait ses cristaux tamisés dans des mouchoirs poisseux de morve enfantine.

Je comptais les petites boules de pâte à modeler (celle qui sent si bon) que j’avais réussi à subtiliser : rouge, vert, bleu…Je n’avais pas la rouge…Elle avait du glisser de la poche de mon ciré jaune.

La maîtresse discutait avec son café tiède, je la regardais avec de grands yeux embués :

« Madame, j’ai oublié mon goûter dans la classe. »

Elle fit ce qu’elle appelait « les gros yeux » et répondit avec amusement :

« Heureusement que ta tête est bien accrochée…Allez file le chercher, c’est la dernière fois. »

(En racontant cela je prends conscience que depuis lors j’ai toujours était effrayée à l’idée que ma tête ne roula un jour sur le sol, ceci a provoqué de nombreuses sueurs froides et cauchemars jusqu’à mes 8 ou 9 ans).

Je me précipitai dans le bâtiment : passer devant le sourire mamisant de Madame pipi, tourner à gauche, longer la série de petits symboles au-dessus des porte-manteaux, reconnaître la souris, ouvrir la porte (mes petits doigts glissaient sur la poignée), se diriger vers l’armoire.

Stupéfaction ! Devant mes yeux ébahis, une grosse boule rouge me tendait les bras. Je la pris entre mes mains, malaxais sa chair, ce geste me réconfortait et m’emportait vers des possibilités infinies ; démiurge avec cela je pourrais tout créer : escargots, petits paniers, anneaux…

Je mis l’objet de délit dans ma poche et sortis rapidement.

Une voix retentit comme les trompettes de la mort :

« Lucy! Viens ici ! »

Le ton employé par le visage rouge de colère de Madame Jamet ne prêtait pas à confusion. Les larmes perlant, non pas de culpabilité mais d’échec d’une entreprise aussi grandiose, j’allais la tête baissée des coupables chercher mon sermon.

« Où est ton goûter ? Montre-moi ce que tu caches derrière ton dos ? »

Empourprée jusqu’au front, lentement, pleurant maintenant à chaudes larmes, je présentais avec ostentation mon trésor (ratatiné) comme les alliances des mariés et balbutiais :

« Je l’ai trouvée par terre »       

La maîtresse entra dans une rage folle, me prit par l’oreille et je me retrouvais, les bras dans le dos, hoquetant dans le coin le plus sombre de la classe.

 

Quelques minutes après je devais prendre conscience de mes pouvoirs magiques car une chose extraordinaire se passa.

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Vendredi 21 juillet 2006 5 21 /07 /2006 12:48
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Jeudi 20 juillet 2006 4 20 /07 /2006 17:54
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Jeudi 20 juillet 2006 4 20 /07 /2006 17:42

Mes ongles sont noirs, ça cogne dans ma tête , tout est brouillé. Mon objectivité s’est enfuie avec mes tripes.
Je déteste quand ça gueule comme ça, une boule d’énergie me brûle le ventre ; je la force à rester en moi car je pourrais tout détruire en un claquement de dents si je la laissais s’exprimer, elle obsède mon corps meurtri.

Je n'écris pas je m'acharne sur mon clavier, je n'ai rien à dire, mais je frappe les touches  pour faire sortir ma rage, pour vous aiguiller cela donnerait un brouhaha infâme si ces lettres étaient des touches de piano.

Je ne suis pas perdue, dépressive ou torturée, ni aigrie mais des l'écume blanche sort de ma bouche de Geisha, une épileptique je vous dis.

Je crie non pas mon désespoir mais mon besoin de vivre, de liberté.

Cette nuit j'ai paniqué comme si mon vieux rafiot cédait, je ne parvenais pas à faire taire ces tremblements qui agitaient mes muscles et révulsaient mes yeux, je n'osais pas réveiller le corps amant gisant à mes côtés, je ne voulais pas effacer par ma peur le sourire béat qui flottait sur ses lèvres...alors je regarde le plafond, les ombres grandissant sur des murs trop blancs, je me lève dix à quinze fois pour désengourdir mes membres.

Mes rêves multiples caracolent, signifié et signifiant, tous n'ont aucun sens, ils sont multicolores, gais mais me laisse comme un goût acre et un malaise tangible.

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Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /2006 20:58

Ephéméride : journal de la fée bullique est un livre qui oscille entre l’imagination et le réel.

C’est un voyage à travers les souvenirs et rêves kaléidoscopiques d’une jeune femme passionnée en quête de l’autre.

Un recueil de textes et de dessins, véritable orfèvrerie poétique dans lequel les histoires se superposent et se multiplient.

 

« Exegi monumentum aere perennius »

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Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /2006 20:57
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