Ce matin une spirale mauve est apparue sous la chambre de Van Gogh.
Je l’ai remarqué en allant dans la salle de bain de cette foutue chambre 18.
La vision médicamenteuse me trompe si souvent à présent que j’ai mis cette apparition étrange sur le compte de la folie dont on m’affuble.
Je me suis frottée longuement les cernes à l’eau claire, je me baisse et regarde à nouveau, elle ne bouge pas.
Celle-ci m’obsède, elle n’était pas là hier ?
Je suis en pâmoison devant ce hiéroglyphe aux contours éphémères, j’essaie de décoder ce mystère de la chambre jaune.
Si seulement Champollion était ici il lirait aisément ce mur de rosette.
Seulement cela fait déjà deux siècles qu’il s’est ratatiné.
Un flot d’élucubrations emplit ma tête, je m’écroule sur le linoléum froid de solitude.
J’entonne un chant religieux (il n’y a plus que cela qui calme ses incessantes migraines) :
« Trouver dans ma vie ta présence, tenir une lampe allumée, choisir avec toi la confiance, aimer et ce savoir aimer, croiser ton regard dans le doute, brûler quand le feu devient cendre … ».
J’embrasse une médaille sanctifiée jusqu’à ce que mes lèvres saignent, celle si m’échappe des mains et va se loger au centre de ce qui est devenu un tourbillon gigantesque remplissant tout l’espace.
J’en déduit qu’un chant magnétique émane du centre de cette énigme cantique.
Mon corps se dirige vers la fenêtre,
« Est-ce qu’il pleut encore sur toi ? », c’est marrant que la seule issue que trouve un être enfermé, son seul espoir est toujours une fenêtre.
Le soleil projette en ombres chinoises les silhouettes qui s’agitent derrière le rideau cramoisi.
Je titube, chancelle…Pourquoi me tient-on enfermée là ? Qu’est-je fais de mal ?
C’est dans ce fracas de doute, ce capharnaüm qu’apparaissent mes amis du mur, ils sourient, ils ont toujours l’air ravis de me voir.
« Avez-vous remarquez ce signe étrange sur le mur, dites moi que je n’ai pas la berlue. Que signifie tout ce chambard ? »
Les Bulliz poussent de petits rires de chérubins :
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C’est lors d’un étrange moment pluvieux que j’ai pété les plombs. Je suis sortie de mon petit logis, les cheveux hirsutes, il était une heure où le marchand a largué tout ses grains sablonneux, où les bouches pâteuses égraines des borborygmes filamenteux. A peine vêtue des lambeaux nauséeux du crépuscule, je me ruais sur la sonnette de la première chapelle amicale. Je tambourinais à cette porte de bois en hurlant :
