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Manuela PELLICCIA
138 RUE DE DOUAI
59000 LILLE







Lundi 4 septembre 2006
Samedi 2 octobre
Quelle éreintante journée !Matin 8h00 Le dvd Arizona Dream tourne en boucle sur la page de présentation, je vois les sons (rêveries voitures perchées maisons roses).
9h00 Arrivée d’Arthur qui me reluque les seins :
-         «  Tu pourrais remonter les draps ; ça me gène ! »
-         «  Et bien ne regarde pas. »
Si tu savais que ton regard n’éveille rien en moi. Mes rêves sont emplis d’un autre et je les lui offre chaque nuit.
-         « Je me sens mal à l’aise vis à vis de ma nouvelle nana (sic) » (Qu’est-ce que cela peut bien me faire, je ne suis même plus flattée par ses compliments) « Tu ne comprends-pas ? » (Si, je n’ai pas envie de relever le débat )
 J’attends ce soir en idéalisant les possibles entre mon perturbant faux ami et moi. En espérant qu’il n’annule pas à la dernière minute, qu’il ne souillera pas mon imaginaire de paroles trop gentilles.
Que m’a t’il dit déjà ?… « Si tu veux une explication et rien que ça, rendez-vous à 14h30 au café à côté du Seven ».
Etrange coïncidence, c’est justement là qu’Olivier, mon ami m’a emmené confondre ma tristesse à 14h00.
Je rappelle Nicodème (peur au ventre, égaux à zéro, sentiment de trahison mêlé à la certitude de ne pas lui en vouloir car ne lui dites pas mais je l’aime). C’est ok. Des paillettes volettent sur ma table ! Je suis suivie par une armada de bulles irrisées.
Je n’aspire qu’à une seule chose, que ce soir il m’avoue m’aimer comme aucune autre. Pure rêve me direz-vous ? Mais je sens en moi battre son âme lorsque ses yeux déposent sur moi des regards inquisiteurs.
« Tout me plait en toi mais je fais un blocage psychologique. »
Que pensez de cette phrase ? 
Les lapins fument des carottes
On prétend que si on fume trop vite cela fait une carotte
En deviens-je pour autant un lapin ?
 
Pourtant il ne part pas…me regarde…m’ausculte ou s’ausculte t’il. Me tient des discours ambigus…Je sais que je dois le laisser venir à moi, me désirer, savoir disparaître pour qu’il sache, puisse avoir l’impression de me chasser.
 
Nous sommes deux guerriers à l’assaut de bonheur et d’absolu, amoureux de la passion, du vrai émanent des gens. Je pense qu’il le sait. Tente-il de se laisser séduire, me laisse t’il affolée, brûler de désir pour lui afin de capturer mon âme. De me posséder toute entière.
Sois forte, refuse gentiment ses avances…Laisse le s’enflammer s’arder de volupté jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus et se livre à moi, rende les armes.
 
Scénario le plus pessimiste :22h00 On boit un verre, il me martèle le crâne de cette fille qui n’est pas moi.
Mon sourire fatigué est ravivé par Pierrot :
-         « Vous écrivez un livre ? »
-         « Non mon journal. »
-         « Ah ! alors vous écrivez tout ce qui vous arrive dans la journée, je vais certainement être là dedans alors ? »
-         « peut-être. » Je photographie mon réel.
-         « Vous allez écrire, j’étais en train d’écrire quand quelqu’un m’a interrompu » dit le sourire ouvrier à la jeune femme triste. « Alors je m’appelle Pierrot. Je vous dis cela car si je suis couché sur votre page je préfère que vous sachiez mon nom ».
Il repart vers le bar. J’ignore son regard. Il revient à la charge.
-         « Vraiment, je suis enchanté de faire votre connaissance. Et vous ? Je ne sais pas même votre Prénom ! »
-         « Lucy »
-         Bis répétito « Je suis enchanté, Lucy, de vous rencontrer ! »
Il s’assied, après avoir demandé la permission de s’installer dans un lieu que je ne possède pas et où je suis plus étrangère que lui.
-         «  Je ne vous ai jamais vu ici ? »
Je lui raconte en large ma si banale histoire. Il me parle de combats, ses femmes, ses enfants, ses amours flétris un sourire lubrique aux lèvres.
Je cherche pourquoi je l’ai attiré, à première vue nous n’avons pas grand chose en commun. Je finis par croire que de moi émane l’impression que je ne puisse faire souffrir. Etrangement, les gens m’accordent d’emblée leur confiance sans même me connaître.
Il me dit de me méfier :
-         « Ici il y a le haut et le bas du panier mais difficile de discerner car tous se mélangent. »
Alors ? Toi tu te livres bien à moi : peut-être ne se méfie t-on pas des femmes aux robes fleuries et à la peau fraîche.
Je ne parviens plus à jauger, juger les intentions avouables ou non de ceux qui s’attirent sur la faible lueur que je dégage.
Pensent-ils que la vie n’a pas prise sur moi ?
Je pense arrêter là pour ce soir mais voyez-vous je suis chez lui (Nicodème). Son regard virevolte vers moi. Je sais que j’aurais un mal fou à trouver la force de lutter…Je sais que les fils sont électrifiés pourtant ils m’attirent, je me sens plus dangereuse, plus survoltée qu’eux.
Vais-je survivre ? Vais-je mourir ?
Il faut résister. Il est si tentant.
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Samedi 2 septembre 2006
Voilà, je m'en reviens de ma transumance, quête absolue de bulles rondes, sans aspérité.....Dès lundi vous pourrez lire la suite de ce journal...
Parce que là avec la braderie ça ne va pa être possible....

Au programme de cette année...la suite du roman, des carnets d'inspiration pour entrer au coeur même du processus de la création, des dessins animés faits de bric et de broc...
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Samedi 29 juillet 2006

Il a couché ses mains sur son turban souillé par la pluie et les autres regards. Un hôtel, de leurs fenêtres les curieux regardent comme si le spectacle était compris dans le prix de la pension.

Ses pensées s’envolent vers lui puis retombent. Ne pas tuer l’amour en le serrant trop fort. Ne pas courir derrière lui mais attendre…qu’enfin il nous choisisse. Nous sommes tous dans une immense salle d’attente, chacun tuant le temps comme il le peut. Patienter jusqu’à ce que votre tour vienne.

Mais, le manège vaut-il le coup ? Me transportera t-il vers l’ailleurs qu’à force d’attendre je me suis menti ?

 

Chaque soir je tisse ma robe de bal, d’autres

Chaque jour d'autres défont tout mon ouvrage.
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Samedi 29 juillet 2006
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Samedi 29 juillet 2006

De minuscules êtres biscornus aux dires tarabiscotés me parlent dans le murs. Ils sont apparus aujourd’hui, en tous cas je n’y avais jamais fait attention auparavant.

Papa était très en colère, je ne sais plus ce que j’avais fait pour le faire entrer dans une telle rage, il frappe son gros poing gras dans le mur, il cogne sa tête dans la porte six fois, il hurle…J’ai peur, je ne comprends pas.

Il a pris un grand couteau, a tourné la lame contre son ventre et me dit de le tuer.

Je pleure beaucoup et suis soulagée quand maman me dit de monter dans ma chambre.

Je suis recroquevillée derrière la table de chevet. Tous mes petits joujoux étalés dans une mise en scène fantastique. Le plastique multicolore illumine ma nuit. Pourtant il n’est que dix heures, je suis sensée faire les poussières des boiseries mais je suis si seule et tellement triste. Je ne sais plus pourquoi peut-être une note que papa a jugé médiocre, peut-être que ce sweat est trop cher. Je ne me souviens que de ce sentiment vif qui bousille l’innocence de l’enfance, que je ne parviens pas à imaginer des issues dans des demains resplendissants.

Des murs, des voix s’élèvent sont-ce les miennes ?

Mes menottes, mes petons tremblent (je n’ai pas peur mais je suis plutôt impressionnée), je glisse sur l’épaisse moquette. J’écris ma mélancolie sur de beaux papiers parfumés à l’encre turquoise. Je cache ce trésor sous le velours du sol afin que d’autres, plus tard, trouvent ces messages, ces témoignages.

Un enfant perdu, réconforté de savoir qu’une autre âme a ressenti ce malaise d’émeri, ce vide, a eu peur du néant.

Comme ce doit être bien de ne plus être seule, je n’ai pas cette chance mais les livres me réconfortent, et maintenant le monde merveilleux des Bulliz m’emporte dans le tourbillon violet de nouvelles aventures éclatantes de bien être.

Les Bulliz, c’est le nom de mes nouveaux amis du mur de derrière le lit. Ils m’ont parlés, ils me consolent, me cajolent, ils réussissent même à me faire rire avec leurs pitreries.

« Surtout ne parle jamais de notre existence à qui que ce soit ou nous devrons partir. Si une autre personne que toi était au courant de notre existence nous serions, sous peine de mourir, évanouis dans l’air comme des bulles rencontrant un atome trop lourd, obligés de trouver un autre refuge et ne pourrions pas t’emmener avec nous dans le monde bullique ».

Evidemment, je tenais plus que tout à ces ailes qui me poussaient dans le dos, je désirais faire mon apprentissage de féerie et découvrir ce merveilleux monde dont ils me raconteraient l’histoire le jour de mes quinze ans.

Je range un à un, avec un extrême soin tous mes anciens compagnons de plastique dans les boules aux couleurs du soleil, je ne les reverrai plus.

 
par LA DAME AUX BULLES publié dans : mondebullique
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