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« Approchez, approchez, venez écouter la fabuleuse histoire de grand-mère Bidule…Asseyez-vous avec un tasse de chocolat fumant et de la brioche au sucre…Silence le conte va commencer. »
Il était une fois une espiègle apprentie fée vêtue de la robe verte de Vénus et de probité candide. Elle vivait seule au cœur d’un chêne creux au milieu d’un merveilleux verger aux fruits juteux près de l’île de la belle reine d’Iscariote.
D’amis, elle n’était point pourvue, le vent tentait bien de la consoler : il s’évertuait à bruisser dans les feuillages touffus de jolies violonades, de longs chants sautillants au rythme du soleil.
Rien ne consolait notre amie, elle passait des heures à tromper ce silence en se parlant à tue tête :
« Seule je ne sais ce que je suis ! » Hurlait-elle au ciel.
Le lendemain, le jour pointait à peine lorsqu’elle sortit promener sa solitude qui devenait un fardeau de plus en plus pesant.
Lucy (ainsi s’était nommée elle-même notre amie) passait le gué quand elle remarqua une ombre souriante flotter près du rivage. Salivant de curiosité, son avant bras s’enfonça jusqu’au coude dans la fraîcheur des eaux vives et en extirpa un bout d’ébène :
Elle emmaillota ce qui ressemblait en tous points à un petit homme de bois. Lucy s’empressa d’aller cacher sa découverte dans son cabinet de curiosités.
(Je ne peux vous dire qu’elle n’y pensa plus car vous imaginez bien qu’une découverte aussi incongrue ne peut laisser une chipie de marbre, au contraire cette trouvaille l’habitait continuellement.)
Il subsistait un problème et non des moindres…trouver la formule magique qui animerait son ami.
Elle ne dormit pas pendant sept jours, appelant, suppliant sa compagne la fée de lui venir en aide…Celle-ci ne se montrait pas…Le huitième jour, elle s’effondra de fatigue sur un tapis de mousse…Enfin Carpelle apparut :
« Lucy, voici ta quête, pour que ton Golem vive, tu dois retourner sur terre…insuffler un second souffle de vie à ces Hommes objets d’infortune, enfermés dans leurs spirales…Une fois ce travail accompli, je te révèlerai le secret permettant à ton ami de vivre »
« Comment ferais-je ? Je n’ai qu’une valise à moteur… »
« Sois toi-même, coupe leurs trajectoires et hisse les vers le monde imaginaire…… »
Perdue dans une douce rêverie de promeneur solitaire…J’attendais l’ennui, pas celui qui provoque le bâillement propice à la fuite de l’âme mais celui de l’enfant poussant une roue à l’aide d’un bâton laissant libre cours à une pensée passant par là.
Il pleuvait ardemment ce matin là, je pris un fauteuil d’osier que je plaçai avec soin près de la fenêtre.
Je contemplais le parcours sinueux des gouttes d’eau sur la vitre.
Immobile, je lançai de silencieux paris : lequel de ces deux conglomérats de perles luisantes atteindrait le premier le vieux chassie de bois à la peinture craquelée.
Soudain je pris conscience que la pluie tentait de me faire signe…Elle ne tombait pas, de façon aléatoire, elle élaborait un ingénieux stratagème pour m’aider dans mon épopée.
J’allais prestement chercher une feuille de papier millimètré, ma boîte de couleurs ainsi que mon sextant (bricolé à l’aide du manuel des Castors Juniors 1983) afin de reproduire fidèlement ce mystérieux message :

Un grand bonheur me submergea toute entière, la fortune dormait dans mon lit. Mon amie Carpelle utilisait la Nature pour communiquer avec moi.
Ainsi mon compagnon s’appelait Golem !?
Ce nom ne m’était pas inconnu…Ah ! Carpelle ! Mon Golem, tes yeux le voyait